Parmi les principales raisons de cette suppression : le prix. Le salaire à l’année d’un policier coûte 50 000 € à la commune. Une décision « complètement lunaire » pour Denis Jacob, leader de l’opposition et ancien policier national.
« Ce n’est pas entendable dans le contexte actuel d’insécurité, continue Denis Jacob. On est situé dans un secteur particulièrement délictuel entre Creil, Chambly et Méru, mais dans la logique du maire, Neuilly-en-Thelle est toujours un petit village paisible. » Lui projette d’ouvrir deux nouveaux postes de policiers municipaux s’il est élu en 2026.
Deux visions opposées du rôle de policier municipal
Durant la séance pendant laquelle a été votée la suppression, Bernard Onclercq a dit que la police municipale n’avait « pas à courir derrière les délinquants ». Des propos dénoncés par Denis Jacob qui déplore les faits qu’ils soient cantonnés aux PV, au stationnement et aux sorties des classes, malgré le fait qu’ils soient armés. « Évidemment, tout ça, il faut le garantir. Mais l’action de la police, c’est aussi prévenir et dissuader. Et ça, on ne pourra pas mieux le faire qu’en recrutant. »
Pour Denis Jacob et le reste de l’opposition, les communes « ont leur rôle à jouer dans les plans de sécurité à plus grande échelle. Les policiers municipaux assurent une proximité directe, ce sont les premiers sur le terrain. »
Un avis qui n’est pas partagé par la majorité du maire : « Le rôle des policiers municipaux : c’est de faire respecter les arrêtés municipaux. Le reste, c’est le rôle de l’État, du régalien. »
« Ça restera comme ça, tranche finalement le maire. Il n’y a pas de raison d’avoir un troisième policier. » Avant de s’appuyer sur l’exemple de Cires-lès-Mello, commune voisine de 4 000 habitants qui n’a pas de police municipale. « Ça ne sert à rien d’être suréquipé, enchaîne Bernard Onclercq. Après, il faut payer les factures, surtout dans le contexte économique actuel où on n’a pas les moyens d’aller engager des dépenses incontrôlées. » Selon lui, l’opposition souhaite uniquement mettre ça en avant dans une vision électoraliste à l’approche de 2026. « C’est du trumpisme » renchérit-il même.